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IL VOULAIT ÊTRE UN PRÊTRE ORDINAIRE, MAIS IL A CHANGÉ LA FACE DU MONDE À JAMAIS
Nous sommes en 1958 et le pape Pie XII vient de mourir. Le cardinal Angelo Roncalli, patriarche de Venise, âgé et malade, se rend à la Cité du Vatican pour participer au conclave – rassemblement secret et hautement politique – qui élira un nouveau pontife. On est au coude à coude dans la chaude lutte qui oppose des cardinaux progressifs aux conservateurs Ottaviani et Tardini. À mesure que le conclave se déroule, Roncalli revoit très clairement des images de son passé, comme lorsque, jeune prêtre, il soutenait des ouvriers en grève; ou bien cette fois où, délégué apostolique en Turquie, il a négocié secrètement avec un ambassadeur nazi afin de sauver des juifs arrivant dans des trains bondés; ou encore en France, devant un De Gaulle autoritaire, qu'il a convaincu de ne pas expulser plusieurs évêques contestés. Puis enfin, au douzième tour du scrutin, on élit un pape. C'est Angelo Roncalli et il prendra le nom de Jean XXIII.
On s'attendait à ce qu'il soit un pape de transition sans grand éclat. Mais il surprend le monde entier en convoquant le concile Vatican II. Cette démarche audacieuse vers une importante modernisation de l'Église vise à assurer que cette institution, l'une des plus vieille au monde, continuera de s'épanouir jusqu'à la fin du 20e siècle et bien au-delà. Il sait qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre. C'est donc une course contre la montre qu'il entreprend, en même temps qu'une lutte contre ses opposants conservateurs. Il se préoccupe aussi du conflit entre les États-Unis et l'Union soviétique, qui devient de plus en plus pressant. Avec une finesse à laquelle on ne s'attendait pas, il parvient à faire reculer Kennedy et Khrouchtchev qui étaient à deux doigts d'une guerre nucléaire. En 1963, pendant la deuxième année du concile, Angelo Roncalli arrive à la fin de sa vie. Face à la mort, il se réconforte à l'idée qu'il quitte une Église mieux adaptée au temps moderne, et un monde plus paisible.
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