« Le Québec est aujourd'hui et pour toujours une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. » - Robert Bourassa, 22 juin 1990
Robert Bourassa, le premier ministre
En janvier 1994, Robert Bourassa quitte la politique. Cela a fait dix ans
en 2004. Le 31 juillet 1974, le projet de loi 22 était sanctionné : le français
devenait la langue officielle du Québec. Cela a fait 30 ans en 2004.
Mais a-t-on vraiment besoin d'un prétexte pour se pencher sur la vie de
celui qui n'a jamais voulu et n'a jamais été autre chose que le premier
ministre du Québec?
A-t-on oublié qu'il a fait adopter la Loi de l'assurance-maladie malgré
une grève des médecins, et ce, en pleine crise d'octobre, qu'il a piloté le
dossier de la baie James, qu'il s'est retrouvé aux prises avec le dossier
constitutionnel dès son élection, qu'il a affronté Pierre Trudeau, et qu'il a
récupéré le dossier olympique et sauvé les Jeux de Montréal?
Doit-on rappeler qu'il a préparé seul son retour à la direction du Parti
libéral, sans l'appui d'une équipe, qu'il a battu le Parti québécois et tenté
le pari de Meech, qu'il a d'ailleurs perdu? La crise d'Oka et la maladie
auront finalement eu raison de Robert Bourassa, lui qui n'aura eu qu'un
seul intérêt, qu'une seule passion dans la vie : la politique. Il s'agit là
d'une carrière qui mérite bien quelques heures d'attention.
La Première Chaîne de Radio-Canada a ainsi préparé une série de dix
émissions de près d'une heure chacune sur Robert Bourassa. La série
le présente au travers des événements qui ont marqué sa vie, et elle
comporte des témoignages de ses proches et des personnes avec qui
il a travaillé. Nous avons tenté de tracer un portrait de Robert Bourassa,
plutôt que de dresser un bilan politique de sa carrière. Tout au long de la
préparation des émissions, nous avons toujours gardé à l'esprit que les
moins de 35 ans ne le connaissent pas, et que ce qu'ils en savent, est
filtré par l'image qu'en ont laissé les observateurs politiques. On a donc
voulu aller à la rencontre de ceux qui ont eu une relation personnelle
avec lui : sa famille et ses collaborateurs. Nous avons recueilli près d'une
soixantaine de témoignages originaux et exclusifs à la série. La musique
de l'émission est tirée presque totalement de trois cassettes ayant
appartenu à Robert Bourassa, et qu'il gardait dans son tiroir et écoutait
à l'occasion. C'est madame Bourassa qui nous les a remises. Enfin, des
archives sonores de Radio-Canada et de nombreuses autres sources
recréent les événements et nous plongent dans le climat d'époque.
- Michel J. Tremblay, réalisateur